mardi 7 août 2012

La vie est un long fleuve tranquile

Qu'il est agréable de se mouvoir sur le fleuve sans autre bruit que le clapoti des rames dans l'eau. La barque fend la surface miroir et crée de douces ondulations. L'idée de descendre le rio Napo à la rame devient une obsession : nous devons trouver une barque et tenter l'aventure! Les américains sont emballés par le projet et se joignent à la recherche de la lancha. Encore une fois Raoul, notre guide et hôte nous apporte son aide et en une journée, nous avons notre vendeur. Plein d'espoir, nous nous rendons dans sa finca pour aller voir la lancha.




Elle est là, sous nos yeux! Un peu décrépie et pleine de trous mais au moins elle a tout l'air de flotter. On négocie la réparation du bateau et la mise à disposition de 4 planches pour qu'on puisse y tailler nos rames. Marché conclu ! Le tout pour l'équivalent de 50 euros pour 4! 2 ouvriers travaillent à colmater les trous pendant que de notre côté nous fabriquons nos rames.


Tailler dans la planche brute avec une machette, c'est tout un art!

Le jour J arrive : 1er test de mise à l'eau de la lancha. Pour la porter jusqu'au fleuve, tout le monde s'y met, tire, pousse, jure et....plouf!, la barque attérit dans l'eau. Youpiiiiiii!!!

Sauf qu'au bout de 2 minutes, il y a déjà de l'eau qui s'infiltre...Il faut boucher les trous! Le propriétaire s'exécute à contre coeur (plus de produit, plus de temps de travail...).

Le 2ème test est plus concluant même si ce n'est pas parfait. Nous sommes trop impatients de partir sur notre embarcation : tant pis, on écopera !

Les affaires rentrent tout juste sous la bâche.

Allez, on bourre : les vélos, les sacoches, leur tandem....

Nous donnons nos 1er coups de rames avec motivation et énergie. Le courant nous entrainne et c'est parti!

C'est parti pour 10 jours de canoë! Et on pagaie!
Bientôt, nous trouvons notre rythme et commence la longue progression vers Puerto Massan, notre destination;

La descente à la rame n'a rien de bien technique mais il faut savoir diriger ! On a quelques loupés au départ quand vient notre tour de diriger : Max n'arrive pas à redresser la barque et nous percutons de grosses branches immergées dans l'eau... On s'en sort avec quelques trous dans la bâche et un coup de stress.

Bryan nous enseigne à conduire sans forcer. Le conducteur doit éviter les troncs qui affleurent, essayer de trouver les courants les plus rapides pour gagner de la vitesse, réperer les bancs de sable qui stoppent la barque et manquent de la faire chavirer et enfin, s'arrêter sur la berge sans y rentrer dedans!

Une journée "type" sur la barque, c'est de longues heures à ramer sous le soleil ou sous la pluie, avec du vent en pleine face ou du vent dans le dos, des séances de baignade, ou même douches savonnées; des apparitions d'animaux (singes, dauphins, sungaro, martin pêcheur...), des pauses à midi bien appréciables.

Toujours au poste, qu'il pleuve ou qu'il vente !


Quel bonheur de plonger dans l'eau fraîche dès que l'envie nous en prend!
Rassurez-vous, les caïmans et les pirahnas n'attaquent pas ! Par contre, il faut faire gaffe quand on pose les pieds par terre : les raies cachées dans le sable sont venimeuses. Une autre précaution : ne pas se baigner tout nu ! Il y a un poisson minuscule qui en profite pour rentrer dans les orifices et s'alimente du sang de son hôte : viscieux, non ?

Et oui, même sur la barque on garde une certaine hygiène.
Pic-nique tranquilous bilou sur une plage de sable
Au menu, tous les midi : tamal (farine de blé et d'ignam) préparés la veille, cuits dans des feuilles de bananiers
Nous éveillons la curiosité des habitants du fleuve : ils accourrent sur les berges pour regarder les gringos à la rame.

Mira (regarde), los gringos remando !

Les soirées par contre, sont bien différentes à chaque fois : parfois la communication avec les habitants est un peu difficile et l'échange trés succint (même si à chaque fois, ils nous invitent à dormir dans leur cabane et à utiliser leur "cuisine"), parfois, au contraire les familles sont curieuses, posent de nombreuses questions, nous apprennent beaucoup de leur culture et nous échangeons nourriture, souvenirs....

Chez Mamerto, nous avons été acceuillis comme des rois!
Sur la photo, il n'y en a que 5 mais Mamerto a 12 enfants, tous adorables!
Parfois à notre régime riz-ignam s'ajoute du poisson ou du poulet suivant ce qu'on trouve.
De chez Mercedes, nous repartons avec un fromage qui concurence nos produits francais (chauvine, et oui!)
Cette fois, c'est dans une maison en construction que les gens du village nous hébergent

Le 28 Juillet, nous célébrons le jour de l'indépendance du Pérou avec les villageois de Campo Serio. Tout le monde s'alimente du masato, purée d'ignam liquide fermentée toute la journée. Et les hommes en rajoutent une couche avec le trago, l'équivalent de notre gnôle.

Les gens habituellement plutôt timides, se débrident et rigolent au moindre mot. Eux qui sont généralement assez réservés nous abordent ce soir sans gêne.

La salle communale est bondée : les femmes sont assises à même le sol avec toute leur tripotée d'enfants à boire goulûment le massato et les hommes sont dehors à boire le trago.

Mais bientôt, c'est l'heure de la danse. Les rares danseurs se dandinent d'une manière contenue : est-ce leur manière de danser ou la gêne d'être l'objet des regards? Une femme m'invite à danser et je sens tous les regards rivés sur moi. Mon style de danse doit les surprendre : ils rigolent tous! Mais dès qu'un nouveau morceau enchainne, un autre m'invite à danser puis un autre et encore un autre...Max boit le trago, et moi je danse!

Et puis, il y a les nuits dans la jungle aussi, avec l'armada de moustiques, les fourmis et termites et autres cadeaux de la nature !

Petit matin aprés une pluie diluvienne qui a trempé l'intérieur de notre tente
Dans les derniers jours, on commence à être fatigués de ramer. On devient même impatients d'arriver à destination : Puerto Massan!

Reviens, Max, on va y arriver bientôt à Massan !

8 commentaires:

  1. extra votre descente du napo
    on découvre d'autres paysages bien différents
    et sans les douches
    (n'essayer pas de mordre 1 caîman, très indigeste)
    continuer la bonne ambiance et bonne route

    fred

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  2. Tiens bon la barque et tiens bon le vent ! Hissez haut les amis ! un abrazo muy grande
    Marine

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  3. Bande de joyeux loufoques !!! EH Max où t'as mis la pagaie ?

    Bisous les loulous

    Delph

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    1. Mais quelle Delphine on s'y perd ?

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  4. Nous sommes toujours là pour suivre vos exploits.
    Heureusement que nous n'avons pas vu votre embarcation avant le départ !!!
    C'est très instructif pour nous, qui vous suivons sur une carte IGN, d'avoir un lieu et une date à reporter.
    Bonne chance pour la suite !!!

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  5. j'aime le concept du chapeau troué juste la place pour enfiler sa chevelure, un brevet à déposer!!
    Votre descente en barque a du d'avérer bien plus périeuse que celle des gorges du tarn !! vous êtes de vrais couteaux suisses, vous fabriquez même vos rames !!!! bravo!!
    sandra

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  6. Fabuleux!! J'aime aussi le chapeau troué par le chignon!!
    Delphine, sister max!

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  7. Vraiment super cette nouvelle aventure, ça nous rappelle des souvenirs... Nous dévorons vos articles très bien faits!
    De notre côté petit retour en France pour voir la famille, les amis, récolter de l'argent et le voyage se poursuit début octobre 2012.
    Un gran abrazo!

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